Lorsque j ‘aurai écrit l’histoire de ma rencontre avec la guitare de Jefferson et les cauchemars des couloirs de l’hôpital qui deviendront une ville, je crois que je comprendrai mieux pour quelle raison nous partagions la passion du chant solitaire et des monologues.
A 12 ans, on est proche de sa peau à un point tel que …….
La peau, on rode autour d’elle, ce n’est pas quelque chose qu’on a désiré. La peau est toujours étrangère, elle fait si souvent mal.
Les gens pensent que la guitare, c’est un instrument. Ils parlent de musique alors que c’est avant tout une porte qu’on ouvre ou qu’on ouvre pas. Jouer de la guitare c’est pire que se dédoubler.
Et il y a toujours un magicien dans une vie, qui se trouve dans un coin de la chambre et qui attends.
Bon, je verrai demain par où je vais commencer mon histoire
Tout au long de ces soirées passées à jouer aux cartes et à composer des chansons, il s’était créé entre nous comme une amitié tout en sachant bien que nous allions lui comme moi sur nos chemins. On s’est frôlés, j’avais 12 ans mais lui devait déja être immortel et habiter de l’autre côté des tas de charbon qui longeaient le canal.C’était un américain, un nègre.
Vous savez, je prenais la guitare entre mes doigts et je me metttais à rêver de lui. Je l’appelais docteur, car il me faisait l’effet d’une tisane magique. Ma voix sortait de ma poitrine, rauque, forte, je longeais les couloirs de mes rêves en le suivant, ma guitare sur le dos.
Cendrillon
La femme d’un homme riche est à la mort et appelle sa fille à son chevet. Elle demande à la jeune fille d’être bonne et pieuse et lui promet de rester à ses côtés et de l’observer du haut du ciel. La femme meurt et est enterrée. Chaque jour, l’enfant visite le tombeau de sa mère, même en hiver quand il est couvert de neige.
Le père se remarie. La nouvelle épouse apporte deux filles avec elle et toutes trois méprisent celle du père et l’exploitent. On lui donne à faire des travaux misérables, n’a pas de vrai lit pour dormir et doit s’asseoir dans la cuisine parmi les cendres, d’où son nom de Cendrillon.
Un jour, le père part en voyage à l’étranger et demande à ses filles quel présent il doit leur rapporter. Les deux belles-filles demandent l’une de beaux vêtements et l’autre ,des bijoux. Cendrillon quant à elle, lui demande le rameau pour brosser sa tête quand il rentrera chez lui.
Lorsqu’il ramène les cadeaux, Cendrillon plante le rameau de noisetier sur la tombe de sa mère. Elle l’inonde de ses larmes. Le rameau devient au fil du temps, un bel arbre que la jeune fille visite trois fois par jour. Chaque fois un oiseau blanc arrive et y laisse tomber tout ce Cendrillon a demandé.
Le roi du pays souhaite trouver une épouse pour son fils et donne un bal où toutes les jeunes filles du royaume sont invitées. Les belles-sœurs souhaitent y aller, tout comme Cendrillon, mais elle est rejetée par sa belle-mère qui prétexte qu’elle n’a pas de tenue correcte. Néanmoins, elle reconnaît que Cendrillon pourrait aller au bal à une condition : elle doit séparer les lentilles des cendres qui ont été mélangées ensemble dans un plat, et ce, en moins d’une heure. La belle-mère avait fait ce mélange en supposant lui donner une tâche impossible à réaliser. Cendrillon reçoit l’aide des oiseaux et grâce à eux, le travail est accompli. La belle-mère recommence alors, mais cette fois avec deux plats de lentilles. Encore une fois, les oiseaux apportent leur aide, mais la belle-mère refuse toujours.
Cendrillon s’en va donc rendre visite à l’arbre sur la tombe de sa mère et lui demande de l’or et des habits d’argent. Elle va au bal avec ses beaux vêtements et tout le monde est stupéfait de sa beauté, en particulier le prince, qui danse avec elle seule.
Lorsqu’elle quitte le bal suivie par le prince, elle disparaît dans le pigeonnier. Celui-ci est fouillé, mais on ne la trouve pas. On la cherche dans toute la maison mais on ne trouve personne à l’exception de Cendrillon qui porte ses haillons et est à sa place habituelle dans la cuisine.
Des événements similaires ont lieu une deuxième fois et la «princesse» disparaît cette fois dans un poirier.
La troisième fois, la «princesse» perd derrière elle, lors de sa fuite, une chaussure dans l’escalier que le prince avait barbouillé de poix pour la retenir.
Le fils du roi fait rechercher maintenant celle dont le pied correspond exactement à la chaussure. Il arrive à la maison du riche où les deux belles-filles tentent de mettre la chaussure à leurs pieds. L’une coupe son orteil, l’enfile et le prince s’en va avec elle. Mais deux pigeons perchés sur le noisetier disent que ce n’est pas la vraie mariée. Il revient donc dans la maison et choisit la deuxième fille qui a coupé un morceau de son talon pour que son pied s’ajuste à la chaussure. Encore une fois les pigeons avertissent le prince. Il s’en revient à nouveau et constate que le pied de Cendrillon s’adapte exactement à la chaussure et il emporte la jeune fille avec lui. Les pigeons confirment joyeusement son choix.
Le mariage a lieu et lorsque les deux belle-filles apparaissent, les colombes arrachent leurs yeux, les punissant ainsi de leur méchanceté et de leur fausseté.
Epreuves et tribulations dans la recherche de l’esprit
L’image de la mourante représente la perte des valeurs spirituelles de l’ancienne sagesse. La neige sur la tombe donne à penser que le monde est devenu froid -spirituellement froid. Lorsque l’enfant visite la tombe, c’est comme si dans l’inconscient vivait encore la croyance dans le monde spirituel, pressentiment que l’âme conservait dans ses profondeurs comme un souvenir. Le monde spirituel a toujours une influence sur les événements terrestres même si nous n’en avons pas l’expérience immédiate. L’âme peut se développer à condition d’être bénie et soutenue par des forces célestes. Les «morts» peuvent influencer les vivants.
L’enfant a une belle-mère et deux belles-sœurs désagréables. Elles lui donnent des tâches ingrates et lui ordonnent de vivre dans les cendres. Ces trois êtres représentent des forces négatives dans le monde qui voudraient rompre tout lien avec le divin. Pourtant, l’âme doit vivre dans le monde terrestre et être soumise à influence des forces adverses. Il est caractéristique que l’une des demi-sœurs demande de belles robes, et l’autre, des perles et des bijoux. L’une est concernée par les apparences, l’autre par les valeurs matérielles. Cendrillon demande une brindille qui touche la tête de son père, c’est à dire une force de vie qui vient d’en haut. Cette brindille représente une puissance dans l’âme qui peut se développer si elle nourrie par les forces célestes, d’où le rameau est planté sur la tombe de sa mère et devient un arbre magnifique. Le petit oiseau blanc représente les grâces qui viennent du monde spirituel.
Les anciennes forces de perception spirituelle se sont évanouies. Pour parvenir maintenant au monde spirituel, l’âme doit subir des épreuves de purification. Ensuite, elle pourra s’unir avec son moi supérieur.
Le roi souhaite trouver une épouse convenable pour son fils; les pouvoirs cosmiques sont maintenant au travail. Avant que Cendrillon ne puisse assister au bal, elle a une tâche à accomplir. Elle doit séparer les lentilles de la cendre avec laquelle elles sont mélangées. Ce qu’elle réalise avec l’aide des puissances célestes, les oiseaux.
Une telle tâche est l’équivalent de l’exercice que tous les apprentis initiés doivent pratiquer. ll s’agit d’apprendre à distinguer entre l’essentiel et ce qui ne l’est pas, et de manière générale, entre l’éternel et l’éphémère.
La dure vie de Cendrillon apporte avec elle de nombreuses épreuves. Par ces tribulations, l’âme est purifiée. Ainsi, quand elle va à sa tombe de sa mère, l’oiseau blanc lui procure une robe d’or et d’argent. Elle reçevra ensuite, une robe encore plus belle. Ce sont des étapes de l’illumination dont l’âme elle-même n’est pas encore encore consciente. C’est pourquoi, dans l’histoire, Cendrillon disparaît et on la retrouve ensuite dans ses haillons habituels.
À un certain stade de développement de l’âme doit trouver le juste équilibre entre les forces terrestres et les forces cosmiques, c’est à dire, qu’il faut être en mesure de porter une chaussure parfaitement adaptée à son pied. Le véritable moi cherche à s’unir à l’âme purifiée. Toute tentative de fraude sera démasquée et portera à conséquence. Ceux qui suivent une voie purement matérialiste dans ce monde seront aveugles dans l’autre.