Le projet de traduction de textes anciens

LE PROJET DES DOCUMENTS EN LANGUES INCONNUES RETROUVES AU FOND D’ANCIENS TOMBEAUX.
Pour ceux que ça intéresserait, je propose à qui le désire de traduire un des textes qui suivent. Je les ai rédigés dans une langue qui n’existe pas. Moi même je ne sais pas ce qu’ils pourraient vouloir dire. Je demande de les traduire imaginativement, pour voir le résultat. Et peut-être les publier ensuite. Ce sont donc des textes retrouvés au fond d’anciennes tombes.

 

Document 1

 

Traduction 1

 

Confiné à la frontière du monde, au fond des confins

J’ouvre l’oeil de la déesse, j’ouvre l’oeil de l’endormie

Abaissant ma volonté jusqu’au pardon

En sept fois je dénoue la septuple blessure

Me couvrant des bras de la lune, humant la terre fraiche

Enfanté par la pierre qui fuit dans l’espace

L’envol de la voix retourne vers ce qui doit être prononcé

Pour que le voile se lève et libère le monde

Laisse-moi porter le corps du géant

Jusqu’à la falaise des anciennes lois

Seul sur les étaux chargé de lumière

Recouvert de silence entourant les murmure des murènes

Mouillées d’écume dans leur nage vers le ciel

Regarde leurs ailes, elles étendent leur plénitude

Sur les sept éclairs de la blessure

Terres de foudre, lune de cendre

Terres de lave, terres d’airain

Ethers de volonté cherchant leur route dans le sol

Lune arrachée encore et encore au limon

Nous sommes à tes côtés

Nous sommes le souvenir de ta colère

Royaume des astres déchus

Aspirant au soleil rayonnant

A la volonté parfaite 

Au sourire bénissant 

Accepte nous dans notre incertitude d’aimer.

Document 2

Le sable n’est pas le rivage

La mer n’est pas le sel

Je reviendrai

Je reviendrai

Ceux qui par le vent et par le vent

Soufflèrent sur les roues du ciel

Ont figé la crainte du futur

En figurines de cire

En figurines sans nom

C’est pourquoi le chant n’a plus de force

La force n’est pas le vase de l’amour

La force est le chemin qui tourne et se retourne

L’astre qui vient éclaire les morts

Les morts qui viennent

Eclairent les vivants

De la première à la dernière

Des marches de l’enfer

L’un de nous surgit d’une tente

Comme l’oiseau surgit du néant

Il parla des âmes qui n’ont pas de demeures

Et de la cire de leurs corps fit de l’encens

Et de leurs noms retrouvés créa un univers.

Document 3

 

Dieux des éléments des eaux et des orages

Fondations des portes de l’au delà

Vêtements des corps de pierre que déchire le vent

Colonnes qui portent les frontons

De siècles en siècles, d’années en années

Je n’attendrai pas en vain

Que se brise la gemme d’émeraude

De lumière en lumière

Je dessinerai le chemin mortel

De ma liberté éclatante

Je dénouerai le fil de la ligature

Le fil ondoyant des jours fatidiques

Et de ce corps rampant

Comme une barque vacillante

Je tirerai le bois de la forêt nouvelle

Dieux des rougeurs du couchant

Déesse des sphères invisibles

Dieux de la danse et des saisons

Dieux endormis de l’âme du monde

Venez vers moi.

 

 

Document 4

 

Et que toutes les figures de la croix

S’érigent en nous

Comme des rocs dressés contre la fatalité

Des choses et des temples refermés

La matière nous est donnée

Pour que naiise une terre

de colonnes tournoyantes

Où l’abandon à l’être s’unira

aux visions du néant nourricier

Il y aura un long moment de doute

Il y aura un long moment d’isolation

Où les sculpteurs des premières terrasses

laveront leurs mains dans notre espérance

Il viendra un brouillard incertain

Qui emplira nos yeux d’images gravées

Dans le sang céleste répandu

Et d’innombrables furies

Hurleront la nuit durant

Et le calme d’un jour sans soleil

Envahira de son immobile destin

Le prince des vallées qui attend

Que le livre de la vie entrouvert et béant

livre du secret, la substance natale.

Document 5

Le semblable s’unit au semblable

Le corps se connait dans un miroir de lumière

Le temple des corps engendre des corps

D’une même voix les pierres nous parlent

Au passage du méridien se couchent les statues

Je me souviens d’avoir été la flamme

Brusquement révélée à la mèche étourdie

Les cendres achèvent le repentir de l’homme

La neige recouvre les hautes colonnes

L’une cachant l’autre éternels témoins

Les secrets sont plus bas loin des regards

Attendant les passants sereins du demi jour

Aucun corps n’est mortel tout se rassemble

L’animal sacrifié reviendra sur les tombes

Perler de son sang le pacte silencieux

Entre une rose oubliée et la terre errante.

 

Document 6

Que chaque matin de l’amour soit nouveau

Sans qu’on le dise aux alentours

Qu’il soit murmure léger à l’astre bruyant

Qu’il vienne des quatre vents de notre vie

Qu’il soit le premier sourire et le dernier

Que chaque murmure de l’amour soit entier

Qu’il comble nombres et mesures

Etres et choses dans leurs luttes guerrières

Que chaque nom de l’amour

Soit le nom d’un condamné.

Au chevet du voyageur dans la maison du sommeil

La peur ce soleil qui s’ignore

La solitude le seuil de l’espérance

Tout s’enfuit dans l’espace infini

Et le corps magique de l’ombre

Enfante le feu étincellant

Car le corps n’est pas le corps de vérité

Le corps est fourneau luminaire magique

Le nouveau né de la lumière venant dans l’ombre

Bâtissant la maison pour chaque vagabond

Invité perdu dans une nuit sans étoiles

Qui regarde les yeux dans les yeux

Le Dieu du silence rêver à ses côtés.

 

Document 7

 

J’ai vécu sur un chariot de terre

poussé par la force des mondes

Et nul ne connait de mes villes souterraines

Les portes gardant les plus noirs souvenirs

Je cherche quelqu’un une ombre à qui parler

Une flamme une voix résonnant dans l’abîme

Mais nul n’entend le ciel noir qui résonne à mon cri

Au loin gronde l’orage les siècles et le temps

Mon front se heurte aux sols de vos tombes

Un signe gravé dans la pierre me rappelle mon nom

J’ai vécu sur un chariot de terre

Poussé par la force du monde

Donnez moi un peu d’eau et de pain

Et la blanche neige qui viendrait m’éclairer

Document 8

 

Pères du temps passé et du temps à venir

Ce que l’un voit l’autre ne peux le voir

Je viens d’un pays oublié je ne sais rien de moi

Je dors dans le lit d’une rivière assèchée

Mon aube n’est claire qu’au seuil de la nuit

Mes soirs sont lourds d’horizons incertains

Deux corps dos à dos se rassemblent

Et leurs sangs mèlés jaillissent au couchant

C’est l’heure où du rêve les portes s’entrouvrent

Penché vers le sol l’un de vous titube

Et l’autre les yeux relevés vers le ciel

Du noir dessein du vide tire une étoile

C’est un guerrier nouveau à la lance dressée

Son vêtement s’allume constellé

Lorsque pense l’âme souveraine

Les vague se brisent à l’entrée des cavernes

Sur la grève le flot rugit encore

Laissant mourir sur son passage

Des siècles de sable aux yeux scintillants

Document 9

 

Une comète passe aujourd’hui

Effleurant la cîme des arbres

Des branches innombrables à la sombre racine

La forêt s’éveille de sa nuit éternelle

Dans sa longue route vers les hauteurs

L’astre errant aux ailes tissées d’une vie vascillante

Semble rapporter du coeur des nébuleuses

le secret perdu de la lumière aimée

Musique des âmes immortelles

Tant de souvenirs d’étés et d’hivers

Ecrits sur des feuilles d’automne

Livre indéchiffré sur le sol gelé de notre terre

Des voix montent de la sève endormie

Comme montent les nouvelles du soir

Une comète passe aujourd’hui inaperçue

Ce n’est qu’un éclair au fond des yeux

Une clarté soudaine qu’on n’attendait plus.